Brouillon de Culture

 

Pendant la lecture de cet article, j’aimerais bien que vous écoutiez ça :

On a tous un moment passé fantasmé. D’ailleurs, en théorie, on en a tous pleins de ces moments là.

De quoi je veux parler ?

De toutes les fois où vous avez rompu, vous êtes fait quitter, vous êtes fait contrôler vos papiers injustement, avez eu raison et avez eu à vous défendre contre plus fort que vous etc.

Quelques uns, voire beaucoup de ces moments pour certains, se sont terminés avec vous qui marmonnez un truc, puis sortez de la pièce en vous disant « merde ! ».

Dans les films, les dialogues au sein de ces situations s’écrivent de manière à provoquer de l’empathie et une catharsis pour le spectateur. Ainsi, une dispute, une défense, un discours etc. doivent être écrits comme ce fantasme de dispute, de discours ou de défense.

L’art du dialogue tient donc en partie à ça, faire dire à ses personnages ce qu’on a toujours voulu dire.

Internet a aidé énormément de personnes pour ça, moi y compris.

Parce que ce qu’on a perdu en spontanéité, on l’a gagné en précision de la pensée, car on a le temps d’ordonner cette dernière.

C’est pour ça qu’aujourd’hui, je vais répondre à une question qu’on me pose souvent. A plusieurs questions en fait. T’es qui ? Pourquoi t’écris ? Pourquoi sur un blog ?

(Pardon, j’étais allé prendre une pause clope et réfléchir à la manière dont j’allais agencer ma pensée afin d’aller au bout de mon raisonnement et ressortir à la fin de cet article comme un égocentrique sympa et pas pédant qui veux juste vous raconter des trucs avec dedans des morceaux où vous vous reconnaîtrez)

High Fidelity

Je vais répondre à toutes ces interrogations en articulant ma pensée autour d’un élément clé de mon existence, la culture populaire. La musique, le cinéma, les livres, la manière dont ces fictions réussissent à définir de manière bien plus évidentes que la réalité.

Je me suis demandé plusieurs fois ce que j’écrirais ici, quel serait mon premier article, j’ai hésité entre plein de trucs, l’anniversaire de Jack Kirby; la fois où j’ai failli mourir pendant que je me branlais; la fois où à 6 ans, j’ai compris que c’était pas mal de pleurer devant un film; ma tristesse quand à 10 ans, à la kermesse de l’école, personne n’a voulu écouter mon CD de Louis Armstrong et ma K7 audio de la BO de Jurassic Park etc.

Mais finalement, je me suis dit que je parlerais de la raison pour laquelle j’ai décidé de vous écrire ici, à vous, comme ça.

Cette raison, c’est parce que je ne sais pas faire autre chose. Mon appareil à censure est cassé dans ma tête et j’ai ce besoin constant de communiquer ce que je dis, de traduire mes ressentis en pensées, puis traduire ces pensées en mots. Je gerbe mes mots, je suis toujours pressé de faire sortir tout ça de ma tête.

John Cusack regardait la caméra et me posait cette question qui m’a toujours hantée dans le film High Fidelity : « Quelle est la cause, et quel est l’effet? La musique, ou le malheur ? Est-ce que je me suis mis à écouter de la musique parce que j’étais malheureux ? Ou étais-je malheureux parce que j’écoutais de la musique? “

Cette question me scie, parce qu’elle est pertinente et accompagne l’auteur que je suis, (ou l’auteur que j’essaie d’être, dirons nous). Est ce que je vous écris parce que j’ai quelque chose à dire, ou est ce que j’ai quelque chose à dire, donc je vous écris ?

Ce qu’il dit, à CE moment, dans CETTE situation, campant CE personnage, c’est ce que j’ai toujours voulu dire.

Je ne sais pas où me mènera et où vous mènera cette aventure, mais j’aimerais voir si je peux traduire mes ressentis, les transmettre, vous raconter des histoires.

Parce que c’est ce que je suis, la grande question, j’y réponds ici, je suis un raconteur d’histoires, je suis un narrateur, je suis une condition humaine parmi tant d’autres, et bien que je ne pense pas avoir déjà dit un truc que personne n’a jamais pensé, j’aimerais pouvoir vous faire entrer dans mon mécanisme de pensée, vous ouvrir mon cœur, mes tripes, et voir si je mets le doigt sur de nouvelles choses.

Et la raison pour laquelle je l’écris au lieu de le dire, c’est tout simplement parce que je peux être plus précis ici, toucher plus de monde, avoir cette satisfaisante impression d’écrire pour une audience, d’être lu quand je vais dormir, ou quand je me réveille.

Je veux être comme John Cusack, ou comme une grande chanson Pop, je veux vous proposer paradoxalement de la nostalgie et de l’espoir.

Je m’en vais me coucher, je suis comme dans du coton, là.

Mais pas las, je ne fais que commencer.

Poutous