Stranger in a Strange Land

Les morceaux au choix que je conseille durant la lecture de cet article:

Il y a quelques années, j’étais allé à Amsterdam avec un pote.

On était logés un peu à l’extérieur de la ville dans un parc à caravanes parce que ça coûtait moins cher. Là bas, plein d’autres jeunes qui une fois rentrés de leurs pérégrinations en ville se rejoignaient sous la tente commune pour parler, boire, fumer, faire connaissance.

Le deuxième jour, j’avais acheté un joint en ville en me disant que je le fumerais sous cette fameuse tente, en souvenir de la belle époque où je fumais de la weed. Sauf que j’avais oublié que ne rien bouffer et boire de la bière avant était pas super conseillé. Et j’avais oublié aussi que je partais parfois en bad.

Ellipse.

Je suis derrière notre caravane à fixer les buissons et me toucher le visage pendant que mon pote continue de papoter avec les gens du camp. Il vient me checker et me demande si ça va.

Je lui réponds que non, que j’ai des toiles d’araignées sur le visage et qu’une araignée est rentrée dans mon nez et a déjà commencé à bouffer mon cerveau et s’apprête à finir le boulot. Mon pote rit et essaie de garder son sérieux en même temps, passe sa main devant ma gueule et me dit « Mec, y a pas de toiles là, y a rien », ce à quoi je réponds « Mec, ça te fait rire, mais tu riras moins demain quand tu me trouveras mort ici. Je flippe que personne chiale à mon enterrement. Tu pourras cacher ma collection de porno en rentrant à Paris ? Pas envie qu’on retienne que je me branlais plus que la moyenne. »

Je vomis.

Je m’endors.

Je me réveille.

Je ne suis pas mort, sauf de rire. Je n’ai pas failli mourir non plus. Mais si c’était arrivé, mon pote se serait assuré que je ne passe pas pour un vieux pervers auprès de mes proches.

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Aujourd’hui, je vais vous raconter la fois où j’ai failli mourir pour de vrai pendant que je me branlais.

Ca s’est passée il y a un an. C’est la fameuse fois où j’ai failli mourir pendant que je me tapais une queue

Alors en fait, l’année dernière, vers les débuts de l’hiver, j’allume le chauffage pour la première fois de la saison, afin de pouvoir être nu pendant que je me caresse et au dessus de la couette, sinon, elle gêne les mouvements et frotte contre le gland.

Je m’installe donc, lance internet et pars à la recherche de LA scène qui me fera jouir ce soir là.

Je sens une odeur bizarre alors que l’excitation monte. Comme une odeur de brûlé.

Je me dis que c’est probablement parce que j’ai pas allumé le radiateur depuis l’année d’avant et que ce soit être la poussière qui brûle.

Puis j’ai plus important à faire, je me prends en main. Je trouve la scène, je prends mon temps.

Je jouis.

Et en me levant de mon lit afin de prendre de quoi m’essuyer sur mon bureau, je vois un ENORME nuage de fumée gris et noir.

Mon lit est bas, alors la fumée, montant au lieu de descendre n’avait pas attiré mon attention, puis le sang irrigue mal le cerveau dans ces moments là.

En gros, une bougie qui était sur mon bureau avait roulé sur le chauffage, a complètement fondu dessus et allait dans la résistance, j’étais à deux doigts du court circuit et/ou de l’incendie électrique m’ont dit des gens plus calé que moi là dedans.

J’ai ouvert la fenêtre, éteint le chauffage et récupéré les morceaux de bougies fondus et brûlants avec un ustensile de cuisine en plastique, mais genre du plastique fait exprès pour pas brûler et tout.

C’est bizarre, parce qu’il y avait personne chez moi, tout ça s’est fait dans le calme le plus total. Je me suis retrouvé seul encore, avec ce malaise si spécifique à la jouissance masculine, à me nettoyer le foutre sur la bite et les mains.

Mais qu’est ce que je me suis dit à ce moment ?

Je suis juste restée bouche bée à contempler le champ des possibles.

Pas de tunnel ou de conneries, pas d’agonie, juste ce moment après où on pense à ce qui aurait pu, ou plus encore, ce qui aurait pu ne pas.

Bizarre. Flippant. Cool. Apaisant.

C’est marrant comme la mort, c’est un truc hyper ponctuel.

En gros, ce qui aurait pu arriver, of course, c’est que je crève, que je me fasse enterrer avec un enterrement viking, et un Cluedo de comment j’ai passé l’arme à gauche distribué à tous les invités, le tout accompagné de Show Must Go On de Queen et Always Look On The Bright Side of Life des Monthy Pythons et tous les gens que je connais et que j’ai connu qui seront là. En fait, ça aurait un peu été comme la meilleure soirée du monde sauf que j’aurais pas été là.

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Mais je suis pas mort.

En échange, je suis resté dans ce monde parallèle, celui dont je vous écris, celui où je regarde, sens, ressens, touche, goûte, vois et tout.
Celui que j’ai failli perdre. Celui où j’ai mes nounours, mes cigarettes, mes amis, mes pensées, ma bite, mes livres, mes films, mes chansons.
Celui où Picasso est devenu peintre au lieu de faire de la BD, où Marilyn Monroe a préféré la politique au baseball et s’est faite buter, celui où des gosses se sont électrocuter en se faisant prendre en chasse par des keufs, où les détectives privés sont les losers les plus classes du monde.
Ce monde où vous existez et où je me sens comme chez moi.

Voilà, y a pas trop de problématique dans cet article, pas trop de queue, pas trop de tête, mais pas mal de cœur, de tripes, de fumée sans feu et de sexes en érection. Je ne sais pas trop comment le finir, tout simplement parce que je continue à vivre tout ça, je vis et j’observe parfois aussi.

Comme quand t’as beaucoup bu mais que tu restes sobre alors que tout le monde est bourré, tu te dédoubles et te regardes les regarder. Ou comme quand t’embrasses une conne que t’aimes pas embrasser.

Un peu comme Howard the Duck (La BD, pas ce film HORRIBLE) : Stranger in a strange land.

Et dans ce monde là, ma bite et ma plume sont mes épées.

Des poutous.

Howard the Duck