Shaolin Pétanque !

Bonjour, bonjour!

Ca fait un bail que je n’ai pas écrit par ici… J’ai été pris par le travail, par la pauvreté du mois de Janvier et ma vie super mouvementée et tout. Mais je suis de retour. Pour fêter ça, je vais vous parler du film qu’un ami à moi a fait. C’est un super copain, tellement que je l’aime plus que j’aime son film. Mais le film est bien aussi et devrait vous plaire. Ca s’appelle Dragon Boules, et ça parle de pétanque, de bagarre et d’explosions, et fait se rencontrer les univers de Dragon Ball Z et des 4 Saisons d’Espigoule. Le projet est né il y a déjà 2 ans dans la tête de son créateur, Olivier Servières, et j’ai suivi pas mal d’étapes de la fabrication du film, qui au départ devait s’appeler Shaolin Pétanque!

DragonBoules

 

 

Bref, regardez le film ici, et n’oubliez pas de rester pour l’interview plus bas:

King Mob: Bonjour Olivier. Comment ça va?

Olivier Servières: Pas terrible, j’ai la gastro.

KM: Donc on est avec toi aujourd’hui pour que tu nous parles de ton film, Dragon Boules, qui a pris l’internet d’assaut il y a quelques jours. Parle nous un peu de la genèse de ce film.

OS: Je faisais des petits court-métrages avec des chats pour rigoler quand j’étais étudiant. Chose que j’ai délaissée une fois que je suis passé dans la vie active et que je n’avais plus de chat à martyriser. Et puis j’ai vu Bad Toys II, de Nicolas Douste et Daniel Brunet. Ces mecs ont réussi à faire un film épique dans une chambre d’enfant, avec trois fois rien. Ca m’a motivé. Ca me démangeait déjà de faire quelque chose de plus sérieux que mes différents essais, du coup je me suis lancé.

Bad Toys 2:

KM: Tu as toujours voulu faire un film, ou c’est ce sujet particulier qui t’a vraiment donné envie de te lancer?

OS: J’ai choisi le thème du film uniquement en fonction de mes moyens : « Bon, je veux faire un film d’action, avec une poursuite, avec des effets spéciaux, mais sans dépenser un rond, et puis je sais pas faire d’effets spéciaux merde. Bon, un truc sur la pétanque, avec des boules en 3D, les boules en 3D c’est bien, c’est des sphères, c’est facile à faire ». C’est parti de ce postulat misérable. Et toute l’écriture du scénario a suivi ces contraintes. Au final, ça a plutôt bien servi le film, vu que j’ai du me brider au niveau des idées douteuses.
En fait, le vrai sujet du film, c’est surtout le support : film fait pour la diffusion sur le web, donc court, drôle, avec scénario basique, qui démarre vite, qui va vite, qui finit vite. C’était l’autre grosse contrainte : faire une vidéo que tout branleur qui se respecte puisse regarder au boulot. Etant développeur web, ça me semblait logique d’aller à fond sur ce support.

KM: Combien de temps t’a pris le tournage du film? Parce que si j’ai bien compris, tu portes plusieurs casquettes sur le développement du court.

OS: J’ai commencé l’écriture du scénario il y a 2 ans. J’ai ensuite réalisé un storyboard animé de la première partie, avec des jouets et des morceaux de papier. 6 mois plus tard, c’était le premier jour de tournage : la première partie sur le terrain vague (qui n’est pas du tout adapté à la pétanque). Ensuite, la poursuite a été tournée pendant un an, en parallèle du montage. Je ne savais pas tourner de poursuite, j’ai donc improvisé, en adaptant le scénario, en tournant des plans en essayant de caler les effets par dessus juste après, en retournant des plans inexploitables… J’avais vraiment honte de faire ça de manière aussi amatrice ! Non en fait j’avais pas honte, je m’en foutais. Il y avait vraiment un contraste entre la première partie relativement maitrisée et la seconde beaucoup plus chaotique. Au total, il m’a fallu environ un an et demi de montage à temps partiel, à coup de quelques heures après mon boulot (qui n’a rien à voir avec le cinéma). Ca doit faire 300 heures en tout.

KM: Tu as donc dû apprendre de nouvelles techniques qui t’étaient encore inconnues? As tu reçu de l’aide pour apprivoiser ces dites techniques?

OS: J’ai du apprendre à faire des effets spéciaux numériques. C’est ce qui m’a pris le plus de temps. Ca allait dans le délire du film artisanal 100% réalisé avec mes petits doigts boudinés. Il n’y a que la musique que j’ai déléguée, la flute à bec ça n’allait pas suffir. C’est Cyril Viguié qui s’en est occupé, et qui a pondu une composition du tonnerre. Toujours dans le délire du film « 100% internet », je l’ai rencontré sur une newsletter spécialisée. On a collaboré par mail/facebook/téléphone, et alors que le film est sorti, on ne s’est toujours pas rencontré en vrai !
J’ai les deux réalisateurs de Bad Toys II qui m’ont beaucoup aidé : 2 plans tournés par Daniel, et des conseils tout au long du montage. Et je dois beaucoup aux membres du forum FilmDeCulte, qui regorge de talents qui m’ont donné de précieux conseils.

KM: On peut donc dire que Dragon Boules est l’oeuvre d’une vie… Quelles galères as tu connu sur le tournage du film? Est ce qu’on peut espérer une suite avec une vraie confrontation entre nos deux personnages?

OS: La plus grosse galère, ça a été de faire une poursuite en voiture avec un acteur qui n’avait pas son permis. Très gênant pour les plans d’intérieur. Je pensais qu’il savait au moins conduire sur un parking. A un moment, alors qu’il faisait semblant de conduire pendant que je secouais la caméra comme un âne, je lui ai demandé de démarrer et de faire quelques tours. Silence gênant. « Bon, on va tout faire sur fond bleu ». Par la suite, c’est lui qui a eu l’idée de mimer la conduite du côté passager pendant que quelqu’un d’autre conduisait, en retournant l’image ensuite. Mais j’ai quand même du faire pas mal d’incrustations, choses que je ne maitrisais pas du tout. Concernant les plans d’éxterieurs, ma copine et moi nous relayions au volant, avec Daniel Brunet et son cyclomoteur en guise de support caméra (La vidéo suivante est issue du MAKING OF, la personne qui tient l’appareil, c’est moi, et celle qui conduit, c’est le réalisateur du film, Olivier, donc):

Il n’y aura pas de suite au film : 2 ans à ne penser qu’à ça, j’ai envie de retourner pisser des lignes de code et penser à autre chose. D’ici quelques mois, avec du recul, selon ce que m’aura apporté Dragon Boules, je penserai peut-être à partir sur un autre film. Pour l’instant, j’ai mon égo flatté par le fait de voir le compteur de vues augmenter, mais je doute que cela m’apporte autre chose qu’une vaine excitation passagère. Comme avoir fait la queue pendant 1 heure au Burger King pour un plaisir relatif.

Et voilà, c’est la fin de l’interview. Je ne sais pas quand on reverra un nouveau film d’Olivier, mais en tout cas, chers lecteurs, attendez vous à avoir des nouvelles de moi plus souvent.

Je vous aime d’amour, et je vous fais plein de poutous.