Budam – Stories of Devils, Angels, Lovers & Murderers

Je n’ai encore jamais écrit d’articles sur la musique. Non que je n’aime pas ça, mais c’est surtout que je ne me suis jamais senti assez qualifié pour parler d’autre chose que de ressentis pour tout ce qui touche à la musique.

Mais l’album dont je vais parler parle la même langue que moi.

Il s’appelle « Stories of Devils, Angels, Lovers & Murderers », et le groupe qui l’a fait s’appelle Budam.

Pourquoi j’ai voulu vous parler de cet album précisément?

Comme toute bonne histoire, ça commence par une fille, elle s’appelle Marie, je l’aime bien.

Depuis quelques jours, on se parle. Depuis quelques jours, on s’envoie de la musique. C’est fou comme la musique est un truc intime. J’ai toujours dit que quand je donne de la musique à quelqu’un, je donne un peu de moi. Il m’est arrivé souvent d’utiliser la musique comme une machine à remonter le temps, pour me souvenir d’un sentiment, d’un visage, d’un geste, d’un téton, d’un sexe humide ou d’un temps qui n’est plus et qui n’existe plus que dans ma tête. Souvent, ça fait du bien, parfois, ça fait mal.

Elle m’envoie de la musique, donc, des morceaux d’elle, comme j’aime le croire.

Le dernier morceau était un truc intitulé « The Yoni ». Elle m’a assuré que c’était un des trucs les plus sexys du monde.

Et ça l’était. Ca l’est toujours, puisqu’elle passe en ce moment même où j’écris ces mots.

J’ai toujours eu un truc pour les chansons qui racontent une histoire. J’aime les histoires. C’est même la chose que j’aime le plus avec le sexe. Ca tombe bien, puisque la chanson parle de cet endroit secret que les hommes connaissent, et parle des sensations lorsqu’on touche, pénètre, lèche et joue à l’entrée et à l’intérieur de cette grotte derrière la forêt.

Le ton est très proche de l’Opéra de Quat’Sous de Brecht, il y a un côté lancinant appuyé par un accordéon et une voix traînante et rauque qui récite le désir de découverte de ce sexe, sans oublier de parler des sens, chacun d’entre eux.

Comme je le lui ai dit une fois la chanson finie, ça m’a donné le sourire et la gaule.

Elle m’a répondu que tout l’album est ainsi.

Je l’ai cherché sur des sites de téléchargement illégal, mais je ne l’ai pas trouvé. Alors je l’ai acheté. C’est rare que je fasse ça.

J’ai pris le métro juste après avoir effectué mon achat, et j’en ai profité pour l’écouter, commençant mon écoute à la chanson que je connaissais déjà. Une fois finie, j’ai entendu dans mon oreille des souffles d’homme et de femme. Un rythme blues lancinant rythmé par un piano. J’avais l’impression que cette autre chanson me cueillait exactement comme il le fallait. Faisait monter en moi une tension sans pareille.

Et je ne parle évidemment pas que des paroles, je fais partie de ceux qui pensent que c’est la musique et non les paroles qui comptent, mais quand les deux sont parfaits, c’est encore mieux.

J’avais quasi jamais ressenti ça, pas aussi fort.

Assis dans le métro, je sentais mon jean se serrer.

Je me demandais si les gens autour de moi savaient ce qui se passait, s’ils savaient que j’aurais pu me branler sur cette musique s’ils n’avaient pas été autour de moi.

Je ne sais pas tellement si je vous ai parlé de musique, et c’est pour cela même que je ne sais pas si je vais publier ces mots, vous me direz si vous les avez!

Mais je tiens à remercier cette fille pour ce morceau (d’elle) qu’elle m’a donné. Et quand bien même j’étais amené à ne plus lui parler, il restera, lui et l’album auquel il appartient, en moi pendant longtemps. Aussi profond que j’aimerais être en elle.

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