Canard WC #10: HICKSVILLE

Putain, c’te claque ultra violente que j’me suis prise dans la gueule avec Hicksville de Dylan Horrocks!

Hicksville

Ca commence avec Leonard, un journaliste comics qui va en Nouvelle Zélande enquêter sur les origines du plus grand créateur de BD actuel, Dick Burger, qui a bougé aux Etats Unis, est devenu un multi-millionnaire imbus de lui même, mais qui à l’origine vient donc de ce petit lieu nommé Hicksville.

Hicksville, comme on le découvre au fil de la lecture, est plus qu’un endroit, c’est un havre de paix où tous les habitants vivent et respirent comics, connaissent chacun mieux la BD et Jack Kirby (co-créateur/dessinateur des Fantastic 4, de l’Incroyable Hulk, des Avengers, de Thor, des X-Men et d’un tas d’autres) que tous les experts confondus et ne boivent rien d’autre que du thé.

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Je n’en dirai pas beaucoup plus sur l’histoire, mais la lecture de l’oeuvre elle est une vraie expérience.

Horrocks nous offre une structure labyrinthique et criblée de mises en abîmes, de la BD dans de la BD avec des créateurs indépendants, d’autres moins, de grands artistes reconnus à la solde du mercantilisme des maisons d’éditions etc. (Ce qui parle évidemment en sous texte des litiges de Kirby avec Marvel concernant le droit de ses oeuvres).

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On a une oeuvre qui au niveau du dessin n’est pas toujours très belle au début, mais qui propose un trait qui s’affine, rendant la lecture encore meilleure, ce qui témoigne d’une BD qui a mis plusieurs années à se faire, avec un auteur qui s’affirme de plus en plus.

En plus de cette histoire, nous avons des portraits de gens qui essaient de vivre le moins mal possible et se retrouvent à croiser le chemin de ce protagoniste aussi actif que passif dans ce qui lui arrive.

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De plus, on nous propose en fin de volume un glossaire des noms cités, des termes maoris etc.

Et comme dirait un pote: « Un glossaire qui donne pour définition de Picasso: « Peintre espagnol et fan du strip de George Herriman, Krazy Kat » a le mérite d’exister, n’est ce pas? »

Je ne veux pas vous en dire beaucoup plus, de peur de gâcher quelques surprises, mais on a ici une Bande Dessinée qui s’explore, se découvre et explore, découvre et réfléchit sur le médium lui même, ses enjeux, les gens qui les font, les gens qui les lisent…

C’est doux et fou et beau et sauvage et jamais mou. J’en veux plus des BD comme ça…

Une vraie putain de bombe, j’arrête pas d’y penser!

Hicksville