Galaxy Quest

Alan Rickman est mort.

Rickman

Je me souviens, quand j’étais petit, je ne connaissais pas son nom, mais chaque fois que je le voyais, c’était un énorme plaisir, et je disais à mon petit frère « c’est le mec dans Piège de Cristal, là! »

Tête hyper reconnaissable, et surtout, sa voix parfaite, suave, cet accent anglais à tomber par terre. Un des mecs les plus diablement charmants du cinéma pour moi, pas un hasard d’ailleurs que dans Dogma de Kevin Smith, il ait joué la voix de Dieu.

Son meilleur rôle pour moi, au delà de celui qu’il a dans Die Hard, c’est celui qu’il a tenu dans Galaxy Quest. Je ne sais pas si vous connaissez ce film ou pas, mais je vais vous en dire deux mots, parce que j’en ai marre de vivre dans un monde qui ne célèbre pas le bon cinéma à sa juste valeur sous prétexte que c’est de la comédie ou de la science-fiction.

Galaxy Quest donc, c’est le meilleur Star Trek sans en porter le nom, un peu comme Man on Fire de Tony Scott était la meilleure adaptation du Punisher.

Je l’ai découvert en 1999, le film était même pas encore sorti au cinéma, je me l’étais fait ramener des Etats Unis d’Amérique, à l’époque où internet était moins efficace qu’un type en avion.

Grosse fascination à priori pour cette comédie de SF, à l’époque, je me sentais beaucoup plus tout seul pour ce qui était du cinéma, dès qu’un film sortait des sentiers battus, j’avais pas internet pour y trouver une communauté de gens qui aimaient les films inconnus que j’aimais, c’était une époque bien différente. J’avais souvent l’impression d’être un chercheur d’or.

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Et c’est avec cette fascination que j’ai enfoncé la K7 dans la fente.

Le film parle de has been, de personnes qui ont connu la gloire et surfent sur des échos de cette dernière. En effet, Tim Allen, Sigourney Weaver, Alan Rickman, Tony Shalhoub, Sam Rockwell, et Daryl Mitchell jouent les acteurs d’une vieille série nommée Galaxy Quest qui a connu un succès énorme et sur laquelle s’est construit toute leur réputation sans qu’ils puissent connaître la gloire ailleurs. Se retrouvant donc à aller de convention en convention, de fanboys en fanboys, les protagonistes sont blasés. Tous les archétypes trekkiens sont là, le capitaine beau gosse et sûr de lui, la meuf qui ne sert qu’à être une meuf, l’extraterrestre chelou copie conforme de Spock, la chair à canon, le mécanicien, l’enfant prodigue.

C’est à une de ces conventions que les personnages vont rencontrer de vrais aliens déguisés en humains qui vont leur dire que leur planète est en danger, et qu’après avoir vu les documents historiques, ils sont venus chercher l’équipage du NSEA Protector pour les aider à les protéger contre la pire menace qu’ils ont connu.

Wow, vous voyez un peu la densité du truc?

Le film méta sans pour autant l’être de manière gratuite comme dans la bande annonce infâme de Deadpool ou dans bon nombre de conneries portées aux nues par les geeks 2.0, un film qui raconte quelque chose, qui est parfait dans son premier degré, dans son traitement de la vieillesse, du star system, de la culture geek/nerd, et surtout, un film hilarant et inventif à chaque seconde.

Galaxy Quest (1999) Directed by Dean Parisot Shown from left: Sigourney Weaver (as Gwen DeMarco/Lt. Tawny Madison), Alan Rickman (as Alexander Dane/Dr. Lazarus), Tim Allen (as Jason Nesmith/Cmdr. Peter Quincy Taggart), Tony Shalhoub (as Fred Kwan/Tech Sgt. Chen)

Sigourney Weaver y est fantastiquement belle et son personnage est hyper bien écrit ayant la femme dans le milieu nerd comme propos, celui de Tim Allen est vraiment chouette aussi, mais c’est vraiment celui de Rickman qui joue l’acteur Alexander Dane, interprète du Dr. Lazarus de Tev’Meck qui donne au film son cachet de chef d’oeuvre à mon sens, c’est l’âme du film. Il insuffle un sens de l’émerveillement complètement génial, c’est celui qui dès le début croit le moins à ce qu’ils font, et ça en fait du coup celui qui sera le mieux récompensé par la réalité de leur entreprise (Haha, j’ai dit Entreprise!). La mélancolie présente pendant tout le film m’avait foutu les larmes aux yeux quelques fois, tout en me faisant marrer, et lorsqu’avec le plus grand sérieux, il récite la phrase qu’il disait dans la série, j’ai eu des frissons: « NEVER GIVE UP, NEVER SURRENDER! »

Je ne peux que vous conseiller ce film en ce jour de deuil, même si évidemment, Die Hard et Love Actually ne font pas de mal non plus!

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ou redécouvrir un film génial et bien trop peu connu!

Never Give Up, Never Surrender!