TOO COOL TO KILL: L’ODYSSÉE DE NIKOLAI DANTE

Ca m’a mis plus d’un mois à finir une bande dessinée. Pour ceux qui me connaissent, vous savez que c’est très rare que ça me prenne autant de temps, mais pour ceux qui connaissent Nikolai Dante, vous savez que c’est normal, puisque la bande dessinée écrite par Robbie Morrison et dessinée par plein d’autres gens comme Simon Fraser, John Burns, Charlie Adlard, Steve Yeowell et plein d’autres gens, a été publiée de manière hebdomadaire à raison d’une quinzaine de pages par semaine entre 1997 et 2012, ce qui nous donne plusieurs milliers de pages.

C’est une de mes plus grandes expériences de lecteur depuis pas mal de temps, et pourtant, c’est pas extrêmement bien dessinée, c’est pas non plus écrit à la perfection, mais c’est le truc le plus fun et le plus diablement épique qu’il m’ait été donné de lire depuis que j’ai appris à lire mon prénom.

Nikolai Dante

Ca commence au 27ème siècle, en l’an 2666, et parle d’une Russie impériale qui aurait le contrôle sur le monde et sur certaines autres parties de la galaxie. Dans ce monde dirigé par une main de fer par le Tsar Vladimir, nous avons des descendants de la famille Romanov qui lui tiennent tête, une famille digne de celle d’Atrée constituée de freaks consanguins et sanguinaires qui n’ont absolument aucune notion de morale et qui ne demandent qu’à monter sur le trône. C’est dans ce contexte que vit Nikolai Dante, un anti-héros de cape et d’épée qui s’avère être le bâtard du patriarche des Romanov et d’une pirate (J’adore les pirates!). Recueilli par la famille Romanov pour les servir, Nikolai Dante se retrouve avec une espèce de puce qui lui est intégrée et lui donne le pouvoir de transformer à loisir ses mains en épées. De plus, cet implant lui donne souvent les informations nécessaires pour arriver à ses fins.

Ce résumé que je viens de vous faire, c’est juste le début,  et on va découvrir cet univers avec cet anti-héros dragueur, bagarreur qui se met dans la merde dès qu’il le peut et qui finit par tomber amoureux de la fille du Tsar.

Mais le plus cool, c’est justement quand Nikolai va se politiser et monter une armée de « brigands et de putes » comme il le dit lui même pour renverser les pouvoirs en place, sa devise étant « I’m too cool to kill ».

Nikolai Dante

Sur des milliers de pages, nous allons suivre ce héros atypique au gré des différents arcs qui durent parfois 10 pages, parfois 100, où le status quo est en permanence remis en question. Les références culturelles et pop culturelles pleuvent, et ce n’est pas sans rappeler le bordel qu’est « Guerre et Paix » de Tolstoï. On a un arc aussi qui s’appelle « Tsar Wars », ça m’avait beaucoup fait rire.

Plus on avance, plus les personnages deviennent complexes, plus la relation de Nikolai avec les autres devient intéressante et nuancée, et plus ça permet aux émotions de compléter le thrill de la bagarre.

Le changement de dessinateur constant peut être déstabilisant, j’aime pas tout graphiquement, j’aime surtout les pages dessinées par John Burns, un vieux de la vieille de la BD anglaise qui fait des pages peintes à tomber par terre!

Nikolai Dante

Enfin bref, si vous aimez la bagarre, l’aventure, la science fiction, les gens avec des épées, l’Histoire, les histoires, la bagarre, la bagarre, et la bagarre, alors dans ce cas, je vous conseille très fortement de lire Nikolai Dante.

Moi, j’ai enfin tout fini, et tout ce petit monde me manque déjà.