R.I.P. Darwyn Cooke

Tout le monde dit que cette année 2016 est très difficile pour leurs artistes chéris, et je suis d’accord. Mais sachez que plus on a de passions, plus on a de chances de voir mourir des gens dont on apprécie l’oeuvre.

Darwyn Cooke est mort le Samedi 14 Mai 2016. Ca a été fulgurant, son cancer avait été annoncé la veille.

C’était un dessinateur et scénariste de comics qui a commencé dans les années 2000. Pour ceux qui regardaient Batman Beyond, sachez que c’est lui aussi qui était responsable du générique de début.

Je l’ai découvert il y a quelques années dans les hors séries de la BD créée par Peter Milligan: X-Satix. C’était un team-up entre Wolverine et Doop (un mutant chelou qui parle chelou et a une dégaine d’alien), et ce dessin très 50’s dans le genre m’avait vraiment séduit.

Darwyn Cooke

Plus tard, j’ai dévoré son « DC: New Frontier », qui raconte la rencontre entre les super héros de l’univers DC et la création de la Justice League. Graphiquement, c’est de la folie, son trait, son dynamisme, ses idées visuelles sont absolument dingues. Le seul truc que j’avais regretté, c’était le fait que ça avait un ou deux relents créationnistes, et surtout qu’il était bien moins bon scénariste que dessinateur.

Cooke

Alors que je m’attendais à ce que le mec continue en faisant de très gros projets bien mainstreams et tout, je me suis pris son issue de Solo dans la gueule. Solo, c’est quoi? Une série d’anthologies par dessinateurs publiée par DC Comics. Chaque numéro présentait de courtes histoires faites par l’auteur pour l’occasion, ou des courtes choses non publiées. Celui de Cooke, malgré la qualité des autres, était le meilleur et reste encore à ce jour un des meilleurs trucs que j’ai lu dans les années 2000. On croise des persos comme Batman, Black Canary, Zatanna, etc., et en même temps, on a cette ambiance 50’s avec des mystères, des détectives, des magouilles qui rappellent les romans de Chandler. C’est beau à tomber.

Cooke

Mais il se vautre derrière dans une réadaptation de The Spirit de Will Eisner, BD légendaire des années 40. C’est mal écrit, le dessin est beau mais à peine fonctionnel, pas incarné pour un sou. On sent l’hommage forcé.

Cooke

Alors que je pensais que c’en était fini de Cooke, il se retrouve à adapter en longues BD les romans de Donald Westlake/Richard Stark. Stark, vous le connaissez pour avoir écrit le roman qui a inspiré Payback (très chouette film noir avec Mel Gibson). Cooke adapte donc les romans de cet univers de manière hyper graphique, avec très peu de dialogue, et surtout, sans scénariser réellement l’histoire. Les romans lui donnent une colonne solide pour bâtir son récit visuel sans se soucier d’écrire des dialogues ou de développer des points inutiles. Et bordel, c’est beau! Vraiment super beau. Regardez moi ça!

Cooke

Son dernier projet en date, c’est Twilight Children, un truc à la Garcia Marquez scénarisé par Gilbert Hernandez, un de mes scénaristes favoris, et illustrés par Cooke. La mini série s’est finie récemment et je n’ai pas encore eu le temps de la lire, mais ça a l’air bien bien chouette et sur le papier, le projet m’avait beaucoup excité à son annonce.

The Twilight Children (2015-) 001-001

En attendant, malgré des hauts et des bas, je suis content d’avoir eu l’occasion de voir cet artiste évoluer, et je suis triste de perdre quelqu’un qui a commencé sa carrière de dessinateur de comics à peu près au moment où j’ai commencé celle de lecteur.

Repose en paix, mec.